"Commençons par le début. Mon nom est Judith. Figure biblique de la meurtrière libératrice. Mais c’est aussi, saint patron des causes perdues et de l’espoir indéfectible. Je suis Jeanne. Je suis Juliette. Je vais me livrer sans réserve à une passion sans espoir. Serais-je destinée à entendre des voix, à prendre les armes, à dessiner un territoire,

puis à mourir sur le bûcher ?

Non. Je préfère être Phénix et Salamandre.

Je fais mes photos comme je réalise mes films, tout comme je fais de la musique ou de la mise en scène. Il m’arrive aussi d’écrire, comme on crache. Trop crû, trop violent. Tant pis. Je continue et je me coltine ce réel qui contredit les idées et les rêves. Se souvenir de ses vies parallèles. Dans une logorrhée volcanique, qui à la fois expectore et avale tout. Le temps, l’espace.

Je ne me souviens ni de quand, ni de quoi.

Mais je le sens, quelque chose me frôle, encore..."